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La dernière preuve: le président de la république perd la voix du peuple et meurt !

Posté par: Samba Guejopaal Gnane| Samedi 24 décembre, 2011 17:18  | Consulté 1057 fois  |  0 Réactions  |   

        

Chez les sérères du Sénégal, le saltigui n’est pas toujours l’auteur des propos qui sortent de sa bouche. Il est le dépositaire d’autres voix particulières qui choisissent la sienne pour faire leur livraison dans le monde extérieur. Il peut connaître ces femmes et ces hommes qui lui font porter la lourde charge d’être l’auteur de propos dont il ne sait pas nécessairement la solidité. Mais un homme censé et un homme public de surcroit, ne transmet jamais en public ce qu’il ignore. Ces voies humaines ou surhumaines sont toujours celles d’amitiés au cœur de l’histoire du monde ou de l’histoire particulière de la Cité dans ce monde.

C’est la même chose aussi chez le député véritable qui, en principe n’a de voix véritable que lorsque le peuple entre en lui et neutralise sa voix personnelle ou renforce sa voix individuelle. Il existe aussi une voix de cette nature chez le président de la république, chez les africains et sénégalais comme chez les européens, les américains, les asiatiques et dans tous les peuples anciens ou modernes qui connaissent une certaine organisation politique. C’est cette voix qui s’est éteinte hier 22 décembre 2011 dans la vie d’un certain président, quelque part dans le monde : en plein jour, en dehors des petits salons des conseils de ministériels et d'autres instances de décision.

En général, ceux qui perdent le pouvoir de parler, les muets, sont aussi sourds. Mais ceux qui sont muets depuis la petite enfance et qui ont perdu la faculté d’entendre dans à cet âge, parviennent à entendre et à parler autrement à leurs semblables, à se faire comprendre et à les comprendre. A un certain âge, les médecins ne font plus d’opérations chirurgicales. Fatalement, une femme âgée de 86 ans et atteinte d’un cancer du sein arrivé à un certain degré d'évolution,fera ses adieux à sa progéniture, riche, pauvre, savante ou ignorante : c’est la nécessité contre les pouvoirs de l’homme. Une de mes tantes est morte d’un mal de ce genre. Mais les médecins, nous-mêmes et tout l’entourage avait su l’accompagner sans violence dans cette mort inéluctable. Elle avait aussi appris à bien vivre pour ne pas souffrir de la présence de la mort.

Qu’est-ce qu’une mère de famille, un père de famille, un oncle, un officier de la division des investigations criminelles, un juge du conseil constitutionnel, un président de la république qui ne saurait plus parler à son interlocuteur et qui ne saurait plus l’entendre ? Un monstre sous les habits les plus sacrés des institutions les plus sacrées parce que les plus stratégiques de république. Un incident m’a conduit il y a de cela quelques jours, dans les locaux du redoutable-à tort ou à raison- de cette institution policière qu’est la Division des investigations criminelles(DIC):j’y suis entré sans peur et je suis sorti sans peur et très rassuré d’y n’avoir trouvé que des hommes, capables de parler comme tous les humains et capables de comprendre tout humain. C’est l’essentiel.

 Ce n’est plus une question d’opinion politique seulement que de choisir Ousmane Tanor Dieng ou un autre comme quatrième président du Sénégal. Peu importe en réalité tous ces choix qui, en politique, sont toujours un mélange de raisons diverses et de sentiments divers, à la fois conscients et inconscients. Chacun a le droit de suivre son cœur personnel chargé de vécus personnels et subjectifs, ou de vivre en suivant la raison ainsi que le conseille la morale des stoïciens. Mais,quand les fondements de la république sont attaqués, le médecin, l’enseignant, le menuisier, le cordonnier, le paysans et  tous les autres sont sommés à prendre le treillis du soldat et ses armes.

 Personne n’est meilleur que personne, ni par la naissance ni par la culture. Mais il y a des dangers que personne ne devrait choisir. Aucun chemin du monde n’est peut-être plus sûr qu’un autre, l’essentiel étant toujours d’arriver là où on veut arriver. Mais pour un peuple raisonnable, le meilleur des présidents de la république est celui qui parle un langage clair et  ferme et sans recul, celui dont la conception du monde et de la politique et les actions sont conformes aux intérêts des citoyens. Ce n’est pas une utopie : c’est du domaine du réalisable. Le meilleur des présidents de la république est aussi pour moi, celui qui peut entendre clairement la signification la plus populaire des actes qu’il pose ou qu’il envisage de poser.

Il ne s’agit plus d’une question d’opinion politique ou d’une préférence politique personnelle, mais d’un devoir national pour sauver des biens des individus et de ceux de la république, ce qui peut être encore sauvé : le devoir du conseil constitutionnel et celui du peuple, et celui de chaque individu, à la suite de ce qui vient d’arriver en plein jour, est de s’opposer par tous les moyens devenus tous légaux, pour invalider la candidature d’un homme qui ne sait plus entendre le peuple et qui ne sait plus lui parler.

Le peuple a repris la voix qu’il avait prêtée à un mortel. Qui parlera demain au nom du peuple ?Celui qui serait le plus attentif à ces mots qui décrivent tous ses maux dans les villes comme dans les campagne, au sud comme au nord, à l’est comme à l’ouest, à l’intérieur comme en dehors de son territoire national où ses enfants meurent du racisme et de la xénophobie,comme de misérables enfants contraints à l’exil par la rareté de leur berceau de naissance.

IL N’Y A QU’UNE FORCE VÉRITABLE DANS L’HISTOIRE : C’EST CELLE DU PEUPLE ET C’EST ELLE QU’IL FAUT TOUJOURS SUIVRE !


 L'auteur  Association Architecte du Bien(AAB)
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